En date du 8 mai 2026, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) annonçait un total de huit cas d’infections par un virus de la famille des hantavirus. Ces infections avaient donné lieu à trois décès. Depuis les premières annonces de l’OMS, de nombreuses rumeurs circulent sur les réseaux sociaux et génèrent de l’anxiété au Japon.
Selon les informations du 6 mai, seul un ressortissant japonais se trouvait sur ce navire. Et, aussi bien l’OMS que les autorités japonaises insistent le fait que, selon les informations disponibles pour le moment, ces infections ne présentent pratiquement aucun risque de transmission au Japon. Nous ne faisons donc pas face à une épidémie équivalente à la COVID.
Ce qui suit présente la traduction d’un document publié par le Japan Institute for Health Security (JIHS) (publié sur leur site de fourniture d’informations sur les maladies infectieuses).
Source : 20260505-risk-of-on-cruiser-ship.pdf
NdT : à propos des rumeurs et des « conseils » qui circulent sur les réseaux sociaux
Par ailleurs, Infos Locales au Japon a pu voir circuler des vidéos sur les réseaux sociaux, qui recommandaient, dans un contexte d’hantavirus, de faire la démarche pour un « reentry permit de 5 ans » à l’immigration au lieu de soumettre la demande de « reentry » valide un an à l’aéroport.
Il est vrai qu’au moment de la COVID, cette démarche préventive avait un sens étant donné la propagation rapide des infections. Toutefois, dans le cas d’un virus hantavirus, la propagation du virus sera très limitée et a vraiment peu de risques de justifier une fermeture des frontières du Japon.
De plus, si le Japon devait de nouveau fermer les frontières, comme au moment de la COVID, il étendrait très probablement la date d’expiration des « reentry permit » pour les résidents coincés à l’étranger. Bien entendu, si les fermetures de frontières devaient durer longtemps et si certains devaient faire des choix différents d’un retour dans les nouvelles dates au Japon, avoir un « reentry permit de 5 ans » aurait un sens. Mais il s’agit d’une décision pratique que l’on doit prendre à chaque voyage à l’étranger, et pas pour un cas de virus sur un navire de croisière.
Sur les cas d’infection par hantavirus sur un bateau de croisière en service à l’étranger
Les informations contenues ont pour source les documents officiels publiés par les organismes de santé et de recherche nationaux et internationaux. Ils ne contiennent donc aucune information diffusée lors de conférences de presse à l’intention de médias.
Les organismes de santé et les chercheurs au Japon et à l’étranger enquêtant actuellement sur ce sujet, les informations peuvent avoir évolué considérablement depuis la publication de ce document.
Il convient donc de vérifier les informations les plus récentes.
Sur les cas d’infection par hantavirus sur un bateau de croisière en service à l’étranger
Institut national de recherche sur les crises sanitaires :(JIHS)
Informations valides en date du 6 mai 2026
Ce qu’est l’hantavirus
Hantavirus est le nom générique des virus du genre Orthohantavirus de la famille des Hantaviridae. Les hantavirus qui se répandent en Eurasie provoquent une fièvre hémorragique avec syndrome rénal. Ceux qui se répandent aux Amériques provoquent un syndrome pulmonaire à hantavirus (syndrome cardio-pulmonaire sévère d’apparition brutale avec défaillance respiratoire et cardiaque).
Au Japon, des rapports mentionnent des cas de fièvre hémorragique avec syndrome rénal à la suite d’infections par des rats de laboratoires les années 70 à 80. Cependant, depuis 1999, année d’entrée en vigueur de la loi sur les maladies infectieuses, le pays ne fait état d’aucun cas d’infection. De la même manière, à ce jour, on ne signale aucun cas de syndrome pulmonaire à hantavirus au Japon.
Les rongeurs sont généralement porteurs de ces virus. La transmission des hantavirus aux humains a lieu essentiellement par contact avec la salive ou les excréments de rongeurs, ou par inhalation de poussière contenant leurs excréments. Les infections peuvent aussi faire suite à une exposition à des environnements contaminés par des fèces.
En principe, ces virus ne se transmettent pas entre les humains. Néanmoins, on a déjà signalé quelques cas rares de transmission interhumaine d’un certain type d’hantavirus en Argentine et au Chili. Il s’agissait alors de transmission par contact direct ou par gouttelettes au cours d’une exposition à proximité. Selon les rapports, la chaine de contamination avait pris fin grâce à une quarantaine et une gestion appropriées des cas contacts.
Sur le cas précis en question dans cet article
Le 2 mai 2026, l’OMS annonçait des cas de contamination par hantavirus sur un bateau de croisière opérant dans l’océan Atlantique Sud. Au mois de mars, le navire avait longé l’Amérique du Sud et navigué dans le cercle polaire antarctique. Depuis le 6 mai, il a jeté l’ancre au large de l’Afrique et prévoit de se diriger vers les îles Canaries. Selon l’OMS, on comptait, en date du 4 mai 2026, 7 cas d’infection par hantavirus (2 cas confirmés et 5 cas suspectés), dont 3 au débouché sur un décès. Tous les cas confirmés sont liés à ce navire de croisière.
Les chercheurs doivent encore mener des études épidémiologiques et des enquêtes auprès des cas contacts pour identifier les sources d’infection. Toutefois, le risque de propagation ultérieure du virus devrait rester limité après la mise en œuvre d’une gestion approprié des personnes à bord du navire (gestion des infections, enquête auprès des cas contacts, suivi de l’état de santé).
Sur le risque d’une épidémie au Japon
Des rongeurs spécifiques servent d’habitat naturel pour chaque type de virus. Par conséquent, l’entrée d’un de ces virus dans une région inhabitée par ces rongeurs qui servent d’hôtes naturels, ne permet pas d’établir un cycle d’infections naturelles.
Les souris sylvestres d’Amérique du Nord et les rats pygmées d’Amérique du Sud sont connus pour être porteurs du virus, mais on ne trouve pas ces rongeurs au Japon.
Les chercheurs enquêtent actuellement pour identifier les causes de ce virus, mais il est très peu probable que ce qui a provoqué ces infections par hantavirus provienne du Japon.
Par ailleurs, on ne signale aucun cas d’infection interhumaine en dehors du virus des Andes. Et, les cas antérieurs d’infections par le virus des Andes ont suggéré que l’on peut contrôler la propagation des infections par des mesures appropriées. La probabilité d’infections entre humains au Japon est donc très faible.
Documents de référence
- ECDC. Suspected hantavirus outbreak on cruise ship under investigation: risk for Europeans very low. Published 4 May 2026.
https://www.ecdc.europa.eu/en/news- events/suspected-hantavirus-outbreak-cruise-ship-under-investigation-risk-europeans- very-low.
- Martínez VP, Di Paola N, Alonso DO, et al. « Super-Spreaders » and Person-to-Person Transmission of Andes Virus in Argentina. N Engl J Med. 2020;383(23):2230-2241. doi:10.1056/NEJMoa200904.
- OCEANWIDE Expeditions. Press update: timeline of the medical situation on board the m/v Hondius. Updated 4 May 2026. https://oceanwide-expeditions.com/blog/press- update-timeline-of-the-medical-situation-on-board-the-m-v-hondius.
- OCEANWIDE Expeditions. Onboard Update: m/v Hondius | 5 May 2026 19:15 hrs CET. Updated 5 May 2026. https://oceanwide-expeditions.com/blog/onboard-update-m-v- hondius-5-may-2026-19-15-hrs-cet.
- WHO. Disease Outbreak News. Published 5 May 2026.
https://www.who.int/emergencies/disease-outbreak-news/item/2026-DON599.
- 国立健康危機管理研究機構 感染症情報提供サイト. ハンタウイルス肺症候群.
https://id- info.jihs.go.jp/infectious-diseases/hantavirus-pulmonary-syndrome/index.html.
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